Sciences comportementales et décisions publiques : où en est-on ?

Utiles mais encore peu utilisées, les sciences comportementales génèrent de fortes attentes de la part des décideurs publics.
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Science comportementale
Guillaume Caline
Guillaume
Caline

Directeur de clientèle, Kantar Public France

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Alors que le recours aux sciences comportementales dans le domaine de l’action publique s’accélère après des débuts timides, Kantar et Acteurs publics ont souhaité réaliser un état des lieux des perceptions et des expériences auprès des décideurs publics. Pour ce faire, un échantillon de 431 décideurs et managers publics travaillant aussi bien dans les services de l’État, les collectivités locales ou les établissements hospitaliers publics a été sollicité et interrogé par Kantar et Acteurs publics au cours de l’été 2020.

Les résultats de cette étude ont été partagés lors d’un webinar le 24 novembre 2020, qui a aussi été l’occasion de partager les bonnes pratiques à l'œuvre dans le secteur public. N’hésitez pas à le regarder en replay.

Qu'avons-nous appris ?

  • Les sciences comportementales : un terme connu des décideurs publics mais un domaine qui conserve de larges zones de flou
    Quasiment tous les décideurs publics interrogés (96%) dans le cadre de cet cette étude déclarent avoir déjà entendu parler des sciences comportementales. Pour autant, parmi eux, près de la moitié en a une connaissance assez imprécise. Dans le détail, les principaux concepts qui y sont liés leur restent d’ailleurs assez peu connus, à l’exception des biais cognitifs qui émergent un peu plus.
  • Une conviction largement partagée de l’utilité des sciences comportementales…
    La quasi-totalité des décideurs publics interrogés estiment que s’appuyer sur les sciences comportementales dans la conduite de l’action publique est une bonne chose. Ils sont unanimes quant à leur apport en matière d’efficacité (87%), de gestion de crises (88%) mais également pour le renouvellement d’outil qu’elles représentent pour les institutions (82%). Pour eux, le premier bénéfice perçu de l’utilisation des sciences comportementales est une meilleure acceptance des politiques publiques (pour 72% d’entre eux). Notons en revanche que la réduction des coûts n’est pour sa part pas perçue comme un objectif principal de l’intégration de ces sciences à l’action publique.
  • Malgré un recours encore assez modeste dans le champ de l’action publique
    Si les sciences comportementales semblent susciter un intérêt certain, leur application publique reste encore assez limitée selon les décideurs publics interrogés : seule une minorité a le sentiment qu’elles sont prises en compte au sein de leur organisation (34%) ou dans la mise en œuvre des politiques publiques (28%), et une majorité (80%) considère que si on parle beaucoup des sciences comportementales dans l’action publique, peu y ont vraiment recours. Parallèlement, moins de la moitié des décideurs publics interrogés déclarent y avoir eu déjà recours dans le cadre de leur travail.
    A cet égard, les problèmes éthiques ou moraux que pourraient poser les sciences comportementales sont susceptibles de constituer un frein pour certains décideurs, même si les opinions sont assez partagées. 43% des décideurs estiment ainsi que le recours aux sciences comportementales dans l’action publique pose de réels problèmes éthiques et moraux, contre 46% d’un avis contraire.
  • Une véritable appétence pour les sciences comportementales et une attente forte concernant leur développement
    Les changements de comportements semblent être une thématique importante pour de nombreux décideurs publics, qui, pour la plupart d’entre eux, déclarent une véritable appétence à l’égard des sciences comportementales. Ainsi, ils souhaitent majoritairement qu’elles soient davantage prises en compte dans la conduite de l’action publique (pour 85% d’entre eux) et estiment que leur déploiement pourrait être favorisé par la mise en place de formation et d’échanges de bonnes pratiques en plus d’une véritable volonté politique. En ce sens, une large majorité (79%) d’entre eux souhaite pouvoir bénéficier, avec leurs collègues, d’une formation sur les sciences comportementales.


Enquête Kantar réalisée en ligne, du 3 juillet au 9 septembre 2020, auprès d'un échantillon de 431 décideurs publics, identifiés et sollicités par Acteurs Publics.

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