Élections Régionales 2021 Nouvelle-Aquitaine, notre analyse

Notre analyse de la situation dans la région Nouvelle-Aquitaine dans la perspective des élections régionales.
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Élections Régionales 2021
Laure Salvaing
Laure
Salvaing

Directrice Générale, Kantar Public France

Eddy Vautrin-Dumaine
Eddy
Vautrin-Dumaine

Directeur d'études, Kantar Public France

Emilie Rey
Émilie
Rey

Chargée d'études sénior, Kantar Public France

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Mise à jour : 21 mai 2021

Contexte et enjeux

Le socialiste Alain Rousset se présente pour un cinquième mandat à la tête de la région, lui qui dirige l'ancienne région Aquitaine aujourd'hui Nouvelle Aquitaine (Limousin, Poitou-Charentes et Aquitaine) depuis 23 ans ! Son fauteuil est convoité et 7 listes ont été déposées face à lui. 

A gauche, l'heure n'est pas à l'union : aucune alliance entre le PS et EELV n'a réussie à être actée (quand bien même ils font partie de la même majorité au Conseil régional) alors qu'EELV aimerait confirmer son ancrage local (sans alliance avec le PS) après ses victoires aux élections municipales dans la région à Bordeaux et Poitiers. La liste LFI a quant à elle fait le choix de partir seule avec le NPA qui bénéficie d'une figure nationale en nouvelle Aquitaine : Philippe Poutou. Leur liste commune aux municipales à Bordeaux avait récolté 10 % des voix, leur permettant ainsi d'entrer au conseil municipal et métropolitain. 

Du côté de la majorité présidentielle et avec le soutien du MoDem et de l'UDI, c'est l'ancienne maire de Mont-de-Marsan et actuelle ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, qui mènera la liste. Elle a notamment reçu le soutien de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe qui la « soutient de toutes ses forces ». 

A droite, LR part en solitaire et c'est l'ancien maire (LR) de Bordeaux Nicolas Florian qui mènera la liste Les Républicains. L'enjeu, pour lui, sera de faire oublier les revers électoraux de son parti aux dernières municipales à Bordeaux et aux dernières élections européennes. Ancien protégé d'Alain Juppé, urbain et souvent qualifié de « modéré », il devra aussi se démarquer politiquement dans une région où le centre qu'il soit de gauche ou issu de la majorité présidentielle est déjà bien implanté. 

Au RN, la liste sera menée par une jeune candidate de 33 ans, Edwige Diaz. Conseillère régionale depuis 2015, elle fait notamment compagne sur le thème de la ruralité. Les enjeux et les possibilités sont nombreux dans cette élection pour la région Nouvelle-Aquitaine :

  • la réélection ou non d'Alain Rousset à la tête de la région et pour le Parti socialiste la conservation de la région ;
  • la percée dans la région du parti Europe Ecologie Les Verts, parti qui a remporté lors des dernières élections municipales la mairie de Bordeaux, chef-lieu de Région et dont la tête de liste pour cette élection est Nicolas Thierry, l'actuel vice-président en charge de l'environnement et de la biodiversité ;
  • la conquête possible de la région par le parti de gouvernement associé au MoDem et à l'UDI pour la candidature de Geneviève Darrieussecq ;
  • enfin la possible conquête d'une grande région, historiquement dirigée par la gauche, par le parti du Rassemblement National avec la candidature Edwige Diaz.

Ce que disent les sondages

Un récent sondage Ipsos publié en mai 2021 dresse un état des lieux du rapport de force dans la région à moins de deux mois de l'élection. 

A ce stade, un coude à coude se dessine au 1er tour entre la liste PS, PC, PRG et celle du Rassemblement National. 

Le président sortant rassemblerait en effet 25% des voix, soit 5 points de moins qu'en 2015 et il serait talonné de très près par le RN avec 24% des voix, soit quasiment le niveau du précédent scrutin. Un score honorable compte tenu de la faible notoriété de sa tête de liste : 84% des habitants ne la connaissent pas. 

La 3e place serait, elle, occupée par la liste LREM, MoDem et UDI conduite par Geneviève Darrieussecq avec 19% des voix. Si la victoire semble encore difficile à atteindre, l'obtention d'un nombre important de sièges au conseil régional reste une possibilité pour le parti de la majorité présidentielle qui pourrait en profiter pour s'implanter localement.

La liste LR quant à elle est plus en reste avec 14% des voix qui lui sont créditées. C'est un score inédit et exceptionnellement bas comparé aux 27% obtenus en 2015 par la tête de liste de l'époque : Virginie Calmels. Un score qui fait état de la très forte dispersion de l'électorat de droite : un quart des électeurs de François Fillon en 2017 voterait pour la liste RN, quasiment 1/3 pour la liste de LREM et seulement 4 sur 10 pour la liste LR. 

La liste EELV pourrait, elle, se maintenir au 2nd tour et presque doubler son score de 2015 avec 10% des voix mais cela reste encore incertain. Des sondages publiés précédemment plaçaient les verts à un niveau plus élevé, ce qui laisse présager d'une possible surprise à l'issue du 1er tour. A suivre...

Les portes du second tour semblent donc encore ouvertes à ces cinq listes. Si le jeu des alliances au second tour semble encore flou, il sera pourtant déterminant pour pouvoir accéder à l'Hôtel de région.  

En cas d'union des listes PS et EELV, Alain Rousset pourrait être réélu mais avec un score bien inférieur à celui de 2015 : 37% des intentions de vote (44% en 2015). La liste de la majorité présidentielle pourrait elle rassembler 21% des suffrages, celle du RN 26% (21,7% en 2015) et enfin celle de LR seulement 16% (34% en 2015).

Pourquoi suivre cette élection

La Nouvelle-Aquitaine reste l'une des rares régions qui laisse à l'heure de solides espoirs à la gauche en juin 2021. La récente plainte contre Alain Rousset et les ambitions des autres partis (LaREM, LR, RN et EELV) vont certainement engager une campagne offensive pour la victoire de la région. Si le président sortant Alain Rousset bénéficie somme toute d'une bonne image et de l'avantage d'être connu sur le territoire, rien n'est encore complètement acquis. 

La Nouvelle-Aquitaine fait partie des territoires de conquête pour EELV qui entend capitaliser sur des victoires emblématiques lors des dernières municipales. Leur ambition sera de peser dans une future majorité de gauche au Conseil régional et il n'est pas impossible qu'ils arrivent à créer la surprise. 

L'entrée en jeu de la liste LREM pourrait venir changer la donne et servir de solide point d'ancrage à LREM qui en manque terriblement. 

Enfin, la montée en puissance du RN en Nouvelle-Aquitaine sera à suivre. Sa capacité de mobilisation est forte et elle pourrait bénéficier d'un effondrement de la liste LR qui semble se profiler.

 


 

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