Top 5 de l’actualité RP & Com | Octobre 2021

Au menu de notre Top 5 RP & Com d'octobre : la rubrique Discover de Snapchat de plus en plus riche en France, des changements dans le paysage média, des newsmagazines en plein renouveau, l’ancrage du podcast dans les habitudes des Français, la nouvelle identité de Facebook. Bonne lecture !
27 octobre 2021
2021 - Monthly RP
Gwenaelle Lepeltier
Gwenaëlle
LEPELTIER

Chef de Projet Editorial - Revues de Presse, Division Media

Malik
BOUDRAA

Ambre Limousi
Ambre
LIMOUSI

Senior International News Editor, Division Media

Snapchat étoffe sa rubrique Discover en France

Selon l’AFP, Stratégies ou CB News, Snapchat, qui a eu dix ans en septembre, compte 40 partenaires médias. Lancée il y a cinq ans en France avec huit partenaires (Le Monde, Paris Match, L'Equipe, Melty, Cosmopolitan, Vice, Konbini et Tastemade), Snapchat veut, à travers son module Discover, « réinventer le storytelling sur mobile ».

Parmi les médias partenaires, un nouvel arrivant de taille, le groupe M6. À partir du 18 octobre, le groupe mettra à disposition sur Discover des extraits d'émissions diffusées à l'antenne – Le Meilleur Pâtissier, Les Marseillais ou Top Chef.

De façon assez similaire à ce qui est fait sur Facebook, partenaire de M6 depuis 2019, l’idée est de donner aux contenus de M6 une visibilité auprès d'une cible qui n'a pas l'habitude de regarder la télévision – le partenariat avec Facebook ayant porté ses fruits puisque, après avoir diffusé cinq numéros de La France a un incroyable talent sur Facebook, le programme afficherait sa plus belle saison depuis 2019.

M6 est un groupe « défricheur de nouveaux usages et nous souhaitons rester en contact avec les jeunes là où ils se trouvent », a indiqué Frédéric de Vincelles, directeur général des programmes en charge des plateformes et du sport. Sur TikTok, le groupe mise plutôt sur des challenges.

Autre nouveau venu sur Discover, France Inter qui a lancé en août un show reprenant le meilleur des humoristes de l'antenne. D'autres shows sont à venir, par exemple sur l'écologie. Après une interruption, Paris Match revient pour sa part avec Pic's Story pour raconter les coulisses de ses photos mythiques. Enfin, Le Monde – qui compte 1,45 million d'abonnés sur Snapchat – poursuit ses développements sur la plateforme en changeant le format de ses publications : il privilégiera désormais, plutôt que des stories, un résumé vidéo de l'actualité par un journaliste.

Pour Patrick Heneghan, directeur marketing Europe du Sud de Snapchat, les médias viennent « chercher une audience plus jeune et créer de la préférence de marque pour leurs médias ». « Le format en plein écran est une chance pour les annonceurs. On continue à se développer, à innover aux côtés des marques et leurs agences, notamment avec nos lenses qui permettent d’immerger les utilisateurs dans un univers choisi. On est très fiers de pouvoir leur proposer des créa toujours plus efficaces en termes d’investissement média », a-t-il par ailleurs confié à CB News.

Pour réussir, Snapchat optimise en effet en continu ses fonctionnalités (la recherche des émissions a, par exemple, été facilitée) et accompagne ses partenaires. Les émissions sont le plus souvent entrecoupées de pub ; le modèle est celui d'un partage de revenus entre Snapchat et les éditeurs.

Selon Médiamétrie, Snapchat comptait en juillet 17 millions d'utilisateurs quotidiens en France, dont 9,6 millions entre 15 et 34 ans, précise Offre Media. Selon CB News, Snapchat revendique pour Discover 13 millions de Snapchatters français actifs par mois.

Des changements dans le paysage média français

Selon Libération, avec la prise de contrôle du groupe Lagardère, qui possède Paris Match et le Journal du Dimanche, le milliardaire Vincent Bolloré est en train de constituer un « mini-Murdoch à la française ». « L'empire Bolloré s'étend dans les médias (et l'édition avec l'immense Hachette, qui fait partie de l'opération Lagardère), produisant un phénomène inédit dans l'histoire récente de notre pays : la constitution d'un vaste groupe d'influence sur une ligne de droite conservatrice et radicale », écrit Libération

Entreprise emblématique de l’économie française et numéro trois mondial du livre, Lagardère a en effet fait ces derniers mois l’objet de grandes manœuvres. Avec l’annonce en septembre du lancement inévitable d’une OPA sur Lagardère, Vivendi a enclenché sa prise de contrôle effective du groupe tout en s’écrivant « un nouvel avenir en remplaçant la musique par l'édition », titrent Les Echos. Vivendi ne s'est pas découvert d'un coup une passion pour l'édition. « Du rachat d'Editis il y a quelques années à la fin de la commandite ouvrant le contrôle de groupe Lagardère, la prise de contrôle d'Hachette est l'aboutissement d'une démarche logique », a déclaré un proche du groupe. Certains analystes estiment que l'édition pourrait devenir le moteur boursier de Vivendi.

Cela étant dit, Vivendi reste ambitieux dans l'audiovisuel. Même si la concurrence de Netflix et d'Amazon est forte, le groupe estime que Canal+, sa branche télévision muée en un distributeur d'offres tierces, est redressé. Maxime Saada, le patron de Canal+, s'est ainsi fixé 30 millions d'abonnés comme objectif 2025 dans le monde, contre 22 millions aujourd'hui, rapportent Les Echos. D’ailleurs, selon Les Echos et la Correspondance de la Presse, Canal+ se renforce en Europe de l'Est et en Autriche. Canal + prend notamment le contrôle de SPI International, un éditeur d'une quarantaine de chaînes payantes thématiques – présent en Pologne, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Serbie et aux Pays-Bas – dont il détiendra 70 % du capital. En s'associant à l'opérateur national A1 Telekom Austria, Canal + fera également son entrée sur le marché TV autrichien au premier trimestre 2022. Canal+ a par ailleurs récemment dévoilé un nouveau podcast. Intitulé Objectif Canal, ce docu-fiction de 6 épisodes de 12 minutes chacun veut faire découvrir les coulisses des métiers du groupe, notamment aux plus jeunes, rapporte CB News.

C’est dans ce paysage en plein bouleversement que TF1 et M6 ont défendu leur fusion lors de Médias en Seine, le 12 octobre, rapportent Les Echos. La montée en puissance de Netflix, Disney+ et consorts a bouleversé le paysage concurrentiel et si, pendant des années, les grands studios américains ont alimenté les chaînes de télévision, ils assèchent désormais le marché en gardant leurs propres productions, selon Gilles Pélisson, PDG de TF1. Les budgets de production sont par ailleurs poussés à la hausse. La situation est d'autant plus critique que les géants du streaming s'intéressent désormais au sport, pourvoyeur d'excellentes audiences. Depuis quelques semaines, le projet de fusion entre M6 et TF1 suscite de nombreuses interrogations sur le rôle que sera amenée à jouer l'Autorité de la concurrence, indique Emmanuel Combe, président de l’Autorité de la concurrence par intérim, dans une tribune publiée pour Les Echos.

Retrouvez d’avantage d’informations à propos de la quatrième édition de Médias en Seine sur Meta Media!

Le renouveau des newsmagazines

En France, le succès, en termes d’audience, des kiosques numériques décourage certains éditeurs de rester sur ces kiosques. Laurent Prud'homme, le patron de L’Equipe, a ainsi indiqué dans une interview pour Mind Media que le journal sportif aller se retirer de ces kiosques d’ici fin 2021. « Nous avons pris la décision de sortir d'ici la fin de l'année », a également déclaré Renaud Grand-Clément, PDG du magazine Le Point, précisent Les Echos et CB  News. Le Parisien réfléchirait également à cette possibilité.

En cause, la peur, pour les éditeurs, de ne plus s'y retrouver du point de vue économique. Les accords passés par les kiosques pour rentrer dans des bouquets de contenus, notamment celui qui met Cafeyn à disposition des abonnés à Canal+, inquiètent les éditeurs.

Face à la crise publicitaire de ces dernières années, beaucoup de médias ont mis le cap sur leur propre offre numérique – payer pour la presse commence en effet à rentrer dans les mœurs.

En concurrence directe avec les quotidiens et l'information sur Internet, les trois hebdomadaires historiques d'information français – L'Express, L'Obs et Le Point – souffrent depuis plusieurs années d'une baisse de leur diffusion, et n’ont d’autre choix que celui de se réinventer. Ils rivalisent donc d'initiatives pour renouer avec la rentabilité et conquérir de nouveaux abonnés, rapportent Les Echos. Des trois titres, c’est L’Express qui prévoit le plus de changements. Alain Weill, qui a pris le contrôle de cet hebdomadaire en 2019, veut se positionner sur le lectorat des décideurs, un modèle proche de The Economist.

Les comptes du magazine The Economist, indiquent Les Echos dans un autre article, ont en effet de quoi faire rêver beaucoup de médias. Les revenus du titre ont grimpé de 6 % lors du dernier exercice – clos le 31 mars – à 189 millions de livres, sur un total de 310 millions à l'échelle du groupe – en légère baisse, la pandémie ayant affecté son activité événementielle.

Par opposition au New York Times qui s'est donné pour principal objectif de dépasser le seuil des 10 millions d’abonnés, la directrice générale du groupe The Economist, Lara Boro, veut adopter une focale plus large que le seul nombre d'abonnés. « Il s'agit de faire croître l'impact et l'influence de toute l'offre de The Economist, pas seulement du magazine et de son site », indique-t-elle. « The Economist est moins l'information que l'analyse. Un jour, le cœur de métier de The Economist pourrait être autre chose que le titre », précise Lara Boro. C'est dans ce contexte que vient d'être créée une nouvelle division, au côté du magazine et d'Economist Intellligence (la division recherche, données et prévisions réalisant 44 millions de livres de revenus), une division baptisée Economist Impact. Séparée de l'offre éditoriale du groupe, cette division propose aux entreprises, aux gouvernements et aux fondations une stratégie de brand content susceptible d'avoir un impact réel sur les trois thèmes suivants : le développement durable, la santé et les enjeux de la mondialisation (notamment les inégalités ou les périls géopolitiques). Tout un programme !

Le podcast de plus en plus ancré dans les habitudes des Français

Alors qu'on croyait les Français cloués devant leur téléviseur avec la pandémie, 136 millions de podcasts français ont été écoutés ou téléchargés en septembre, selon les données Médiamétrie sorties le 7 octobre. Un bond de 42 % en un an, rapportent Challenges.

Selon une étude rendue publique à l'occasion de la 4ème édition du Paris Podcast Festival, l'engouement des Français pour le podcast natif (qui n'est pas une rediffusion d'émission) continue de progresser, rapporte l’AFP, une dépêche reprise par diverses sources telle que Le Figaro, Stratégies ou CB News. Désormais 33 % des Français écoutent des podcasts natifs, contre 29 % en 2020 et 23 % en 2019.

Selon Julie Gaillot, directrice du pole Society de l'Institut CSA Research, qui parle d'une démocratisation du podcast, « le profil de l'auditeur a aussi commencé à évoluer ». Si le portrait-robot du noyau dur des adeptes (les auditeurs hebdomadaires) reste le même – un cadre supérieur de 35 ans, habitant une grande agglomération, avec enfants, ultra connecté et grand consommateur de biens culturels – en prenant en compte les auditeurs mensuels ou occasionnels, le profil est beaucoup moins typé. Cet auditeur occasionnel « ressemble à l'ensemble des Français, au niveau de l'âge et de la profession », note Julie Gaillot. 45 % des auditeurs ayant moins de 35 ans, le podcast est aussi un bon moyen de rajeunir son audience.

Selon Challenges, les marques ont compris qu'elles pouvaient toucher, notamment, la cible CSP ++, ultra-connectée et au fort pouvoir d'achat. Selon l’étude, 87 % des auditeurs hebdomadaires estiment que le podcast est un bon moyen de communiquer pour une marque.

L'enthousiasme des Français pour le podcast s'explique notamment parl'explosion d’une « offre de plus en plus diversifiée », souligne Chloé Tavitian, directrice des narrations audio chez HRCLS (groupe Havas). Pour Cédric Begoc, directeur des contenus à Acast France, le bon podcast est « sur le long terme avec un média clairement positionné, de l'analyse, incarné par un podcaster qui, tel un microinfluenceur, va fédérer et entraîner un public ».

Comme le rapportent L’ADN et La Lettre de l’Audiovisuel, Kantar et ETX Studio, pionnier sur le marché de l'information augmentée par l'audio, annoncent avoir noué un partenariat pour restituer en France, en format audio, une veille d’information et de réputation aux marques. Ces podcasts quotidiens, livrés avec les revues de presse journalières, doivent permettre aux marques soucieuses de leur réputation de réagir rapidement à une situation de crise et d’amplifier l’impact de leur couverture médiatique auprès d’une audience élargie. « Il était important pour nous de proposer au marché une solution utile et qui réponde aux nouveaux usages des consommateurs », indique Denis Gaucher, executive managing director de la division Média de Kantar en France.

Facebook veut bâtir le metavers

Facebook a annoncé la création de 10 000 emplois en Europe pour construire son metavers, un univers numérique qui pourrait être l'Internet de demain, indiquent notamment Les Echos et Le Figaro. Afin d’offrir aux utilisateurs un « internet incarné », Mark Zuckerberg – qui voit cet univers parallèle comme « le Graal » du e-commerce – ambitionne de faire de Facebook une entreprise metavers d'ici 5 ans.

Comme le rappellent Les Echos, le metavers est un concept anglais mentionné pour la première fois en 1992, dans le roman de science-fiction « Snow Crash » de Neal Stephenso. Grâce à la réalité virtuelle et la réalité augmentée, ce nouvel univers numérique entend proposer une expérience immersive, dans un espace-temps propre, où des espaces virtuels, persistants et partagés sont accessibles via interaction 3D – un avatar ou un hologramme permettant aux différents acteurs de se rencontrer dans des conditions proches de la réalité.

Les emplois annoncés concerneront des « profils hautement qualifiés, comme des ingénieurs, des développeurs, des chercheurs, des responsables produit », explique au Figaro le directeur de Facebook France, Laurent Solly. Les recrutements seront répartis entre la France, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Pologne. Pour Laurent Solly, « il s'agit d'une grande nouvelle pour l'Union européenne. Facebook envoie un signal fort : l'Europe a toute sa place dans l'innovation technologique. On voit une forte accélération des investissements dans les start-up du continent, et nous souhaitons participer à ce mouvement en créant un effet d'entraînement sur tout un écosystème ». Le nombre d'emplois alloués à chaque pays n'est pas encore arrêté et l'articulation du projet entre les équipes américaines et européennes n’est pas encore connue.

Autres acteurs du metavers, plusieurs développeurs de jeux vidéo, comme Epic Games, l'éditeur de Fortnite, ou encore Roblox, souhaitent aller plus loin dans le développement de leurs univers numérique où les joueurs peuvent déjà se rencontrer et interagir. « Le concept de metavers imaginé en 1992 voit aujourd'hui une convergence d'éléments conduisant à une nouvelle renaissance », explique Stéphane Bourliataux-Lajoinie, Maitre de conférences (HDR) en Marketing Digital et Directeur du MiM2 E-business and Digital Marketing du CNAM, dans une chronique pour La Tribune. Le taux d'équipement informatique et d'accès à Internet haut débit est aujourd’hui de près de 90 % de la population en Europe et aux États-Unis. La pandémie, ajoute-t-il, a démocratisé les relations humaines à distance. Les jeux basés sur la création d'un monde virtuel touchent donc aujourd'hui unpublic plus vieux et plus large, tandis que la popularité des cryptomonnaies banalise l'usage des monnaies virtuelles et les aléas de leur cotation.

Pourtant, si des prémices du metavers peuvent déjà être expérimentées, le « Graal » est encore très lointain. Pour que cet univers en devienne vraiment un, il faudrait d'abord créer un espace numérique totalement unifié. Il faudrait également pouvoir mobiliser les cinq sens de manière complètement synchronisée, tout en permettant à l'utilisateur d'influer par tout son être sur cet environnement numérique, soulignent Les Echos.
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