Les femmes cheffes d'entreprise : une invisibilité persistante

femme chef d'entreprise
Monique Kim-Gallas
Monique Kim-Gallas

Client Development Director

Report

Kantar et la Fédération nationale des Caisses d'Epargne dévoilent les résultats 2026 de leur Baromètre annuel. Les Français n'ont jamais été aussi nombreux à soutenir l'entrepreneuriat des femmes, mais sont de moins en moins capables de citer le nom d'une dirigeante.

En 2026, 29% des Français parviennent à citer spontanément au moins une femme cheffe d'entreprise, soit 7 points de moins qu'en 2025.

Sept répondants sur 10 ne parviennent donc toujours pas à nommer une seule dirigeante. Liliane Bettencourt reste en tête du classement, alors qu’elle n’a jamais été une cheffe d’entreprise mais plutôt une femme d’affaires. 

À l’inverse, les figures masculines dominent très largement l’imaginaire collectif : Bernard Arnault, Michel-Édouard Leclerc et Elon Musk restent en tête des citations spontanées. 

Même lorsqu’une liste est proposée, l’écart reste massif : 90 % des Français déclarent connaître au moins un dirigeant contre 39% une dirigeante. 

Un déséquilibre qui traverse l’ensemble des catégories de population, même s’il est un peu moins marqué chez les CSP+ et en région parisienne.

Un consensus très fort en faveur de l’entrepreneuriat des femmes.

Malgré cette faible visibilité, l’adhésion de principe est massive : 88 % des Français jugent important de développer l’entrepreneuriat des femmes . 42% estiment même que c’est très important.

Les femmes y sont encore plus favorables (92 %) que les hommes (84 %). Les jeunes générations se montrent particulièrement mobilisées : 54 % des 18-24 ans jugent cet enjeu « très important ». Et selon cette tranche d’âge, la promotion de l’entrepreneuriat des femmes est citée comme mesure prioritaire pour favoriser l’égalité femmes - hommes à 41%. . 

Cependant, lorsqu’il s’agit d’identifier les actions prioritaires pour l’égalité femmes - hommes, les français placent d’abord l’égalité salariale (70 %) et l’égalité des chances professionnelles (69 %). Favoriser l’entrepreneuriat des femmes n’arrive qu’en sixième position (29 %).  

Des freins structurels toujours puissants.

Les Français identifient massivement plusieurs obstacles à l’entrepreneuriat des femmes. Sont considérés comme des freins « importants ou majeurs » :  Les discriminations de genre : 60 % ; les contraintes domestiques et familiales : 59 % ; les difficultés d’accès aux financements : 48 % ; l'auto-censure ou manque de confiance : 46 %.

Donner à voir pour faire émerger des rôles modèles.

Les résultats 2026 confirment une tension persistante : la société française soutient massivement l’entrepreneuriat des femmes, mais peine encore à identifier et valoriser ses figures emblématiques.

Or, sans visibilité, difficile de susciter des vocations, et de briser durablement le plafond de verre entrepreneurial.

 

Cécile Lejeune, Présidente de Kantar France, remarque : « Les Français soutiennent l’entrepreneuriat féminin, mais dans les faits, les femmes dirigeantes restent invisibles. Ce n’est pas une fatalité. Montrer des femmes qui dirigent, qui réussissent, qui lèvent des fonds, c’est ouvrir le champ des possibles pour toute une génération.»

Toute utilisation de ces données doit s’accompagner de la mention « Enquête Fédération nationale Caisse d’Epargne / Kantar  ».

Infographie

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Méthodologie

Pour réaliser cette étude, Kantar Insights France a utilisé son panel Metaskope pour interroger, du 19 au 22 février 2024, 1000 personnes vivant en France, âgées de 18 ans ou plus, constituant un panel national représentatif.

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